Transparences liquides
Group show with Anne-Camille Allueva, Matan Mittwoch, Laure Tiberghien, Emmanuel Van der Auwera / 2026 / curating
Transparences liquides brings together works by four artists around the politics of perception. At the heart of the exhibition is the screen, understood both as an everyday object and as a metaphor for the way we perceive the world. For while the screen reveals, it also conceals, often without our being aware of it. The exhibition invites visitors to encounter works that foreground perception as an active process, and in doing so, to question the cultural, social, and technical filters through which reality is apprehended.
Transparences liquides réunit les œuvres de quatre artistes autour des politiques de la perception. Au cœur de l'exposition se trouve l'écran, envisagé à la fois comme un objet quotidien et comme une métaphore de notre manière de percevoir le monde. Car si l'écran révèle, il masque aussi une part de ce qu'il donne à voir, souvent sans même que nous en ayons conscience. L'exposition invite les visiteur·euses à faire l'expérience d'œuvres mettant en avant la perception comme processus actif et, ce faisant, à interroger les filtres culturels, sociaux et techniques à travers lesquels le réel est appréhendé.
CPIF
https://www.cpif.net/fr/programme/transparences-liquides
Dans Le Visible et l'Invisible, Maurice Merleau-Ponty développe une pensée de la perception fondée non sur une prétendue transparence du monde, mais sur son épaisseur sensible. Il désigne par « foi perceptive » l'adhésion préréflexive au monde perçu : une confiance immédiate dans l'existence des choses telles qu'elles apparaissent, antérieure à toute analyse ou mise en doute. Enracinée dans le corps percevant, cette foi constitue une ouverture spontanée au monde, qui ne se réfléchit pas elle-même et ne thématise pas les conditions de sa propre possibilité. C'est précisément à partir de ce point aveugle que Merleau-Ponty définit le projet de sa phénoménologie tardive : non pas dissiper la foi perceptive, mais en interroger les conditions.
À sa manière, le projet d'exposition Transparences liquides prolonge ces questionnements. Il se concentre sur le champ des images techniques, dans un contexte marqué par des flux médiatiques incessants et par l'affirmation de la post-vérité. À travers les œuvres d'Anne-Camille Allueva, Matan Mittwoch, Laure Tiberghien et Emmanuel Van der Auwera, l'exposition propose aux visiteur·euses d'éprouver la perception en train de se faire. Elle invite ensuite à interroger ce qui persiste lorsque la médiation - inhérente à toute perception - est reconnue ou pressentie. Il s'agit ainsi de mettre à l'épreuve l'écart entre ce que nous savons des images, de leur fabrique, et ce qu'elles continuent néanmoins de produire en nous.
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