Francesco Biasi

31241-2014
2025–ongoing / development

[en]

Developed by Damien Caccia and myself, 31241 unfolds across physical and digital spaces. Its first activation takes the form of a walk in a peri-urban forest near Paris, shared with a group of around ten people and conceived as an experience attentive to the conditions of perception, presence, and relation. In parallel, a website is created not to document or illustrate the walk, but to precede and accompany it, extending the project through another form. Connected yet autonomous, these two dimensions are intended to resonate with one another while remaining fully inhabitable on their own. This first iteration marks the beginning of a broader process, with future activations to come in both the forest and online.

[fr]

Développé par Damien Caccia et moi-même, 31241 se déploie entre espaces physiques et numériques. Sa première activation prend la forme d'une marche dans une forêt périurbaine proche de Paris, partagée avec un groupe d'une dizaine de personnes et conçue comme une expérience attentive aux conditions de perception, de présence et de relation. En parallèle, un site internet est conçu non pour documenter ou illustrer la marche, mais pour la précéder et l'accompagner, en prolongeant le projet sous une autre forme. Reliées tout en demeurant autonomes, ces deux dimensions sont pensées pour entrer en résonance l'une avec l'autre, tout en pouvant être pleinement investies séparément. Cette première itération marque le début d'un processus plus large, appelé à se prolonger par de futures activations, dans la forêt comme en ligne.

[venue]

Forest near Paris / online

[links]

https://31241-2014.notion.site/?pvs=143

[image]

31241-2014

[text / fr]

La batterie est un objet aussi banal que structurant, omniprésent dans nos vies quotidiennes. À partir de cet élément, qui concentre de multiples tensions, nous souhaitons esquisser un cheminement qui articule temps et espace.

Le temps, d'abord, est celui d'un rendez-vous : un moment partagé, inscrit dans une durée contrainte – à l'image de la charge d'une batterie. L'espace, ensuite, est feuilleté : il superpose un monde tangible – celui des corps, des objets, de la forêt – et un autre monde, tout aussi physique mais souvent perçu comme immatériel : celui des flux, des signaux, des données.

La batterie devient ici une métaphore opératoire de cette double appartenance. Par sa capacité limitée, elle impose une temporalité finie, qui résonne avec d'autres formes de finitude. Elle nous invite alors à accorder une attention particulière à l'instant présent, à sa densité propre, à ce qui s'y joue de manière irréductible. En même temps, elle ouvre vers un autre régime d'existence : celui de la création, de la connexion, du déplacement – un mouvement vers un ailleurs, toujours en tension avec l'ici.

Nous proposons de partager un moment situé – un après-midi en forêt – pour explorer ce seuil : rendre sensibles les textures concrètes du virtuel, les zones de flou et de latence qui traversent le réel. Ce projet est né de plusieurs balades en forêt, à la fois vécues, racontées et rejouées. De ces traversées est née une interrogation : comment investit-t-on un lieu ensemble ? Que partage-t-on vraiment – un espace, un temps, un récit ? Et quelle place la création peut-elle prendre dans cet échange ouvert ?